george sand

Un article de l’Echo de l’Indre paru en juillet 1904 pour le centenaire de sa naissance

“George Sand et la musique populaire”

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le texte de l’article “George Sand et la musique populaire”:

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Fonds Patrimoniaux/ville de La Châtre

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2 textes de Mme Marielle Caors, le premier texte a été publié dans le catalogue de l’exposition George Sand et la politique, Le Blanc (France), 2004. Le second est le texte inédit d’une conférence présentée à La Châtre (France) en avril 2004 dans le cadre des manifestations du Bicentenaire de la naissance de George Sand.

Les 2 textes sont reproduits avec l’autorisation de l’auteur et celle de l’association Les Amis de George Sand

GEORGE SAND ET L’IMAGE DU BERRY

Alors que le lien entre George Sand et le Berry nous paraît toujours couler de source, l’implantation de l’écrivaine à Nohant est en fait le fruit de circonstances fortuites.

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Née à Paris en 1804 de l’union de Maurice Dupin, un officier des armées qui allaient devenir impériales et de Sophie Delaborde, une jeune femme du peuple, la petite Aurore Dupin est élevée dans la capitale par sa mère, entrevoyant son père à la faveur des retours de campagne et connaissant à peine sa famille paternelle, opposée au mariage de ce fils de famille (descendant du maréchal de Saxe par sa mère Marie-Aurore, et de la noblesse de robe par son père, Louis-Claude Dupin de Francueil) avec une grisette au passé douteux.

Mais en juillet 1808, le lieutenant-colonel Dupin, aide de camp de Murat, se trouve à Madrid. Sa femme, restée à Paris avec leur fille, décide de rejoindre son mari, malgré le jeune âge d’Aurore et une seconde grossesse déjà avancée. Après un voyage éprouvant, elle parvient à Madrid, où naît son fils, Louis. Quelques semaines plus tard, Murat qui partait prendre les eaux rentre en France et donne congé à Maurice Dupin, qui décide alors d’aller passer quelque temps chez sa mère, dans son domaine berrichon de Nohant, acquis une dizaine d’années plus tôt pour se protéger de la tourmente révolutionnaire.

Le jeune officier n’envisageait alors que le séjour temporaire de vacances en famille. Un premier drame les atteint là-bas, la mort du petit Louis né à Madrid. Mais cette disparition, aussi triste soit-elle, n’aurait rien changé à l’existence d’Aurore, si elle n’avait pas été suivie de la mort de Maurice Dupin lui-même, jeté à terre par un cheval à peine dompté. La belle-mère et la belle-fille restent en présence mais si elles s’estiment, elles ne s’aiment pas ; Marie-Aurore Dupin finira par obtenir de Sophie qu’elle lui laisse la garde de la fillette et rentre à Paris. Bien sûr, la petite Aurore retournera de temps à autre voir sa mère ; elle passera même environ deux ans à Paris au couvent des Augustines Anglaises pour parfaire son éducation, mais la majeure partie de son enfance et de son adolescence se déroule à Nohant, petit village berrichon, véritable archétype de la ruralité.

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Consciente de l’isolement de sa petite-fille, de l’abattement provoqué par les deuils familiaux et par le départ de sa mère, Marie-Aurore Dupin a la sagesse de passer outre les préjugés et de laisser la fillette partager les jeux de ses petits voisins, enfants des domestiques, des artisans et des fermiers du château et du village. Elle évoquera cette éducation hors norme dans ses mémoires : Ma grand-mère ayant enfin compris que je n’étais jamais malade que faute d’exercice et de grand air, avait pris le parti de me laisser courir, et pourvu que je ne revinsse pas avec des déchirures à ma personne ou à mes vêtements.(Histoire de ma Vie, III, 9). Sa correspondance abonde en témoignages sur ses relations peu ordinaires avec des domestiques ou des fermiers qui ont été pour la plupart ses amis d’enfance et ses compagnons de jeux : … Fanchon[bonne de Maurice, âgé de 3 ans] va je crois se marier avec un garçon du village qui a été son camarade d’enfance et le mien, car tout ce qui a de 20 à 25 ans, tant filles que garçons dans la commune, peut se vanter de m’avoir donné des coups de poing, et d’en avoir reçu de moi. Je conviens que comme demoiselle cela pouvait passer pour une très mauvaise éducation, mais en vérité cette ancienne intimité, a établi tant de confiance et d’attachement entre mes villageois et moi, sans que jamais depuis ce 1er âge, j’aie jamais eu besoin de réprimer leur familiarité, que je ne [me] repens point d’avoir été élevée ainsi, et que je ne crois pas que ma Grand’Mère, femme au-dessus de toutes les autres, se fût mise sans intention au-dessous de tous les usages reçus, et des remontrances qu’elle recevait de toutes ses connaissances, à cause de ma mauvaise tenue. (Correspondance t. XXV, p. 127, lettre à Jane et Aimée Bazouin, 30 nov 26). Quelques années plus tard, elle rappellera les mêmes circonstances : Élevée avec eux, habituée pendant 15 ans à les regarder comme des camarades, à les tutoyer, à jouer avec eux comme fait aujourd’hui Maurice avec Thomas, je me laisse encore souvent gronder et gouverner par eux. Je ne les traite pas comme des domestiques, et un de mes amis remarquait avec raison que ce n’étaient pas des valets, mais bien une classe de gens à part qui s’étaient engagés par goût à faire aller ma maison, mais qui y vivaient aussi libres, aussi chez eux que moi-même. (Correspondance t.II, p.612, lettre à Jules Boucoiran, 13 mars 1830).

Ainsi se sont constituées une expérience et une inspiration originales : Aurore Dupin devenue George Sand se souviendra aussi bien des hameaux que des châteaux, et pourra porter sur la vie rurale un regard éclairé. D’ailleurs, même si ce n’était pas la matière qui lui apportait le plus de plaisir, elle a passé de longues heures en compagnie de son précepteur Deschartres à s’initier au fonctionnement et à la gestion d’un domaine – au grand dam du précepteur qui croyait la convaincre de la nécessité de l’autorité et de la précision : il m’emmenait voir nos champs et nos prés, assurant que je devais me mettre au courant de ma fortune et que je ne pouvais de trop bonne heure me rendre compte de mes dépenses et de mes recettes. Il me disait : « Voilà un morceau de terre qui vous appartient. Il a coûté tant, il vaut tant, il rapporte tant. » Je l’écoutais d’un air de complaisance, et lorsque au bout d’un instant il voulait me faire répéter ma leçon de propriétaire, il se trouvait que je ne l’avais pas entendue, ou que je l’avais déjà oubliée. Ses chiffres ne me disaient rien; je savais très bien dans quel blé poussaient les plus belles nielles et les plus belles gesses sauvages, dans quelle haie je trouverais des coronilles et des saxifrages, dans quel pré des mousserons ou des morilles, sur quelles fleurs, au bord de l’eau, se posaient les demoiselles vertes et les petits hannetons bleus ; mais il m’était impossible de lui dire si nous étions sur nos terres ou sur celles du v